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Solidarité Rroms Saint-Etienne

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5 juillet 2008

Une photo d' été au squat Montplaisir

                                                                         © photo:Sara  


1 juillet 2008

Italie : des nouvelles alarmantes


                     ©photo: mpv - Rafael et son père , rroms roumains  

 Cette pétition est une initiative de La voix des Rroms, Rromani Baxt, Centre AVER contre le racisme, Ternikano Berno & Centre culturel gitan.


pour signer, cliquer sur:
http://www.petitiononline.com/08041971/petition.html

PETITION
Le ministre de l’Intérieur italien, membre de la Ligue du Nord, Roberto Maroni, a annoncé récemment qu’il procéderait au relevé des empreintes digitales des Rroms se trouvant en Italie, y compris des enfants. De la manière la plus cynique, il justifie cette mesure par la nécessité de protéger les mineurs !

Cette proposition a été largement critiquée, par des hommes politiques italiens, des personnalités de la culture, de la société civile, de l’UNICEF, de la Commission et du Conseil européen, mais M. Maroni continue malgré tout à soutenir son projet. Le gouvernement Berlusconi est critiqué en Europe et dans le monde démocratique pour ses politiques persécutrices à l’égard des Rroms. Le journal Independent a qualifié son comportement, dans l’éditorial du 27 juin, « un accès de cruauté » et a défini le ministre Maroni comme un homme « tristement remarqué par son comportement xénophobe ». L’éditorial se termine avec cette considération lapidaire : « Chaque acte de violence populaire contre les étrangers, chaque cas de discrimination officielle contre les Rroms diminue la prétention du pays d’être considéré comme une nation civilisée ».

Nous sommes complètement d’accord et disons NON à cette proposition qui renvoie aux années les plus sombres de l’histoire européenne et mondiale ! N’oublions pas que les Rroms ont souvent été cobayes de politiques de répression et d’extermination, comme ces enfants rroms de Tchéquie sur qui les nazis ont testé le « Zyklon B » avant de l’utiliser dans les chambres à gaz.

Signez la pétition contre tout fichage ethnique des Rroms et empêchez le retour de la peste brune !

Sincerely,

http://www.petitiononline.com/08041971/petition.html

 

 

30 juin 2008

un texte de Josiane Reymond sur la fête du 25 juin

On avait proposé une fête un peu différente…

Depuis toutes ces années que les familles roms viennent tenter leur chance sur notre commune, nous parlons d’elles en terme de besoin, de manque, elles font la manche, elles vivent dans des squats…  des choses pas très valorisantes. Mais quand on connait un peu ces personnes, on découvre leurs savoirs- faire, leurs compétences, leurs talents. Cette fête, c’était l’occasion de mettre tout ceci en évidence. Nous avons pu goûter leurs spécialités culinaires, leur musique, leurs chants, leurs danses.
On souhaitait aussi dire comment c’était pour eux la vie sur notre commune….  L’errance, les expulsions, le dénuement puisqu’il n’y a pas eu pour elles de prise en compte de leurs besoins fondamentaux par une ouverture sur le droit commun….  Sauf sur une période, avec l’entrée de la Roumanie dans l’Europe en Janvier 2007 et l’engagement de  la CAF d’exercer sa mission de protection des familles. Elles ont pu alors bénéficier des prestations familiales et certaines ont eu accès à un logement.

Mais depuis Mars 2008, ces prestations sont conditionnées à un droit au séjour : chaque personne doit avoir des revenus suffisants pour vivre  et une couverture d’assurance maladie de leur pays d’origine. Ce qui s’amorçait comme une possible construction de projet de vie par l’accès au logement, l’intégration au sein d’un quartier, la scolarisation régulière des enfants est remis en cause avec ses conséquences en chaîne.
A ce jour, l’accès au travail est tellement contraignant administrativement  pour l’employeur que malgré toutes nos tentatives, seulement 3 personnes  sont employés et travaillent de façon régulière.
Le projet de la Mairie et de la Préfecture a toujours été de les décourager à rester, en coupant le chauffage en pleine période hivernale,  en les rassemblant tous au même endroit créant ainsi un ghetto, une surpopulation, en envoyant massivement les forces de police pour distribuer des OQTF (obligation à quitter le territoire français), ou l’ANAEM pour des propositions dites de «  retour  humanitaire ».
L’ANAEM, l’Agence Nationale d’Accueil des Etrangers et des Migrations, accorde une somme d’argent pour les personnes qui retournent en Roumanie, paye leur voyage et les assure d’une aide substantielle pour leur installation sur place. Aucune des personnes de St Etienne repartie avec l’ANAEM  n’a bénéficiée d’aide à l’installation, elles sont toutes revenues après quelques mois d’attente sans proposition.
Rien n’est donc possible pour les roms ?!!.... 
Et pourtant tous les jours le réseau de solidarité démontre qu’il  est possible de construire une vie décente, un avenir pour ces familles. Sans aucun moyen, uniquement grâce au bénévolat la scolarisation des enfants, le lien avec les enseignants  est assuré, avec une activité périscolaire (petit déjeuner les matins, jeux et découverte les mercredis  et les  soirs après l’école),  un suivi médical, en collaboration avec la PASS,  un accompagnement social et un soutien à la recherche de logement et d’emploi.  Depuis des années nous tentons de discuter avec la Mairie, les différentes institutions concernées par la protection des familles, pour l’aménagement d’un hébergement décent et durable avec un accompagnement social. Ces hébergements peuvent être crées dans les locaux vacants de la ville.
 La gestion quotidienne peut s’appuyer sur le réseau,  puisque depuis toutes ces années, nous avons mis en route beaucoup de choses pour faire avancer les droits, prendre en compte les besoins. Un projet centré sur les savoirs faire, à partir de l’agriculture et du bricolage est en cours d’élaboration en partenariat avec le CCFD.   
Ce temps de fête c’était l’occasion de mieux comprendre cette réalité, de se dire que cette façon de traiter les personnes avec brutalité, nous entraine tous vers la barbarie. Certains sont prêts à nous rejoindre dans notre tentative d’autres choses à vivre. Ce temps de fête a été un temps de partage des talents. Chacun est venu nous faire gouter sa sensibilité, en donnant le meilleur avec simplicité et justesse. Il y a eu du rire, de l’émotion, de la joie… De quoi nous faire croire que c’est possible de faire tomber les barrières de nos peurs pour se rencontrer dans notre humanité.
Merci aux rroms pour leur accueil, merci aux invités d’avoir osé et d’avoir donné.

Ensemble, nous avons pu sentir qu’il est  possible et accessible de construire un monde de justice et de solidarité.  Il suffit seulement que chacun ose s’ouvrir un peu à ce que l’autre vit.  

Josiane Reymond  

27 juin 2008

Une fête du tonnerre ! en ce 25 juin 2008 .


alors... alors ...
il y a eu la chorale Karibu et les musiciens rroms,
et les jumeaux dansaient ... habillés comme des princes...
les clowns Tijo et le conteur Mohamed Baouzzi,
les yeux des enfants remplis d' émerveillement,
et leurs copains de classe qui sont venus.
on a mangé du sarmalé, tous ensemble, rroms et gadgé, sur les grandes tables, dehors,

il y avait le "jeu de la louche"

et tous les jeux d' enfants propres à toutes les kermesses.
Des dizaines de moments d' enfants heureux , pour un après-midi , dans ce squat de Montplaisir,
le film de la fête est en préparation ,
et ce site s' ouvre en direct sur la musique de ce jour là.
mp







                                                 ©photos marie-pierre vincent

25 juin 2008

Debout là dedans!!!



Même si l'inquiétude est grande quant à l'expulsion, depuis la mise en place des petits déjeuners au squat de Montplaisir, les enfants sont de nouveau motivés à se lever pour aller à l'école.

Il n'est pas question ici de remplacer les parents, mais bien de motiver les familles. Nombreux sont les parents qui participent au petit déjeuner.

Si les enfants fréquentent irrégulièrement l'école, c'est bien parce que la famille entière est submergée d'emmerdes, et n'imagine même plus s'en sortir un jour. Certains n'ont jamais eu l'esprit tranquille ; peut-être même que personne, parmi leurs parents et grands parents, ne l'a déjà eu, cette possibilité de souffler !

Comment serions nous, nous mêmes dans leur situation, à chaque jour... se demander ce qu'il y aura à manger le soir, s'il sera possible de rester encore un peu dans ce squat, s'il ne serait pas mieux finalement de rentrer en Roumanie auprès de la famille...A partager les toilettes  et le robinet  d'eau avec  plus d'une centaine de personnes....A n'avoir que peu ou pas d'intimité...A souvent être rabaissé, regardé de haut...


Anne-Sara

24 juin 2008

"Marre des squats, nous voulons un hébergement" .




Le réseau de solidarité avait remis il y a quelques jours une lettre au maire de St- Etienne, lui demandant notamment l’ouverture de discussions pour des solutions d’hébergement durables .

Pour appuyer cette demande, pour que les familles ne soient pas expulsées sans solutions d’hébergement alternatives, un rassemblement a eu lieu hier . 

Rroms et non-rroms stéphanois étaient présents . A peu près 200 personnes.
En attendant le compte-rendu écrit de cette manifestation, voici quelques images
©photos marie-pierre vincent






23 juin 2008

pour apporter des solutions humaines aux familles rroms de St-Etienne ...

                                                                         

                                                                       ©photos: mpv

22 juin 2008

Alors que l'expulsion est de nouveau possible...

                                                                      Denis, Julio et Nicu

Au squat de Montplaisir, une salle est réservée aux activités avec les enfants. Chaque mercredi et parfois les week-end, nous mettons en place des jeux, des activités dessin, lecture...

            Grande attention des enfants pour les explications de Joana.

Ce mercredi, Joana est venue animer un atelier "tête à gazon". Tous les enfants de 5 à 13 ans étaient présents. Toutes les têtes sont exposées dans la salle, elles sont arrosées chaque jour, matin et soir, par les enfants dans l'attente d'y voir pousser quelques brins d'herbe. ça pousse doucement ...


                                        Les fameuses têtes.

Nous avons à disposition dans cette salle des livres, des crayons, des jeux, ...que nous avons récupérés ou qui nous ont été donnés.

L'expulsion du squat de Montplaisir étant possible, la salle des enfants et tout ce qu'elle est pour tous ces petits est menacé.

Depuis cette décision du tribunal, les familles stressent encore plus, les enfants également même s'ils ont en eux une force extraordinaire. Comme à chaque fois, la fréquentation scolaire diminue.

Du coup, Nous sommes présentes depuis une semaine chaque matin pour motiver les enfants à aller à l'école.

COMMENT ?

En faisant le tour du squat à 7h30 avec un gros réveil, et en organisant des p'tis dèj ! Avec brossage de dents et toilettes avant de partir pour l'école.

Les parents s'en amusent, et participent.


Ah ! Autre chose ! Un mercredi par mois, après l'activité, nous fêtons les anniversaires du mois... Merci au secours populaire, d'ailleurs, qui nous fournit quelques biscuits et jus de fruits.


Alexandru s'occupe du rangement. Eh oui, comme les autres, il prend soin de sa salle...


S'IL Y A EXPULSION, TOUT CE QUI SE CONSTRUIT JOUR APRÈS JOUR, TOUT CES ESPOIRS QUE NOUS AVONS POUR CES ENFANTS... TOUT SERA ANÉANTI UNE NOUVELLE FOIS. POUR QUOI ? ...

...POUR D'AUTRES SQUATS PLUS INSALUBRES ENCORE...

LES ENFANTS DEVRONT DE NOUVEAU CHANGER D'ÉCOLE, SE RÉADAPTER, ... CHAQUE FAMILLE DEVRA RECHERCHER DE NOUVEAUX MATELAS, UN FRIGO, UNE TABLE... ILS S'INSTALLERONT DANS UN NOUVEAU QUARTIER, DÉRANGERONT OU PAS LEURS VOISINS...ETC...

QUEL PROGRAMME !

                                                  Julio et son grand frère David.

QUEL EST DONC L'INTÉRÊT DE TOUT CELA ?

CERTAINEMENT PAS CELUI DES ENFANTS ! L'UNIQUE SOLUTION SERAIT-ELLE DE CACHER LA MISÈRE POUR LA FAIRE OUBLIER ?

LA RÉALITÉ EST TOUT SIMPLEMENT NIÉE, COMME LE TRAVAIL DES BÉNÉVOLES ET PROFESSIONNELS (ENSEIGNANTS, TRAVAILLEURS SOCIAUX ET MEDICO-SOCIAUX) AUPRÈS DE CES FAMILLES.

MERCI A CEUX QUI PRENNENT DES DÉCISIONS SI ABSURDES, DÉCISIONS QUI SEMBLENT ÊTRE LE FRUIT D'UNE TOTALE MÉCONNAISSANCE DE LA SITUATION, DÉCISIONS GUIDÉES PAR UN SEUL CRITÈRE : L'ARGENT !  (D'ailleurs gaspillé avec une facilité certaine: voir les textes sur les départs ANAEM).

Jusqu'où poussera t-on l'égoïsme ? A quand des réactions ?

Des parents, des enfants, et des motivées à ne pas lâcher les enfants bien sûr !!!

POUR S'OPPOSER A CELA, UN RASSEMBLEMENT EST ORGANISE LUNDI DEVANT L'HÔTEL DE VILLE DE SAINT ETIENNE A PARTIR DE 17H.

Pour finir, une grande vérité! Plus il y aura de monde au rassemblement, plus on aura de chances d'être entendu !

©photos et texte Anne-Sara



    

21 juin 2008

Manifestation à Milan



Manifestation à Milan - photo tous droits réservés - http://www.flickr.com/photos/nenenabou/


"Le texte ci-dessous est signé du Comité antiraciste de Milan.
J' étais moi-même à Milan, il s'agit d'un collectif de milanais qui suit la situation des Roms et lutte avec eux depuis au moins 6-7 ans.
Pour le 14 c'était une manif qui ressemblait sérieusement à celle qui a eu lieu à Paris en décembre dernier. "

Gaël du Comité de soutien aux Roms de Bagnolet (93)
 

Traduction du bilan de l’initiative antiraciste de Milan.

Les 13 et 14 juin s’est déroulée l’initiative organisée par le Comité
antiraciste milanais avec la communauté des Roms de la Via
Barzaghi-Triboniano qui vivent sur les « camps légalisés » gérés par la
Casa della Carita (ndt :l’organisation humanitaire Caritas) et présentés
comme les modèles d’intégration les plus avancés possibles pour la
population rom. En réalité ces dernières semaines, comme toutes les
installations roms de la ville, ces camps représentent la base
d’expérimentation de la nouvelle ligne politique milanaise en matière de
« sécurité » signée De Corato-Salvini-Penati (ndt : élus municipaux
milanais) et textuellement de « diminuer par deux le nombre de tziganes
de la cité » et « d’éliminer tous les camps et les bidonvilles ».

En d’autres termes : contrôles partout, fichage sur une base ethnique
avec comme finalité explicite les évacuations de terrains et les
expulsions du pays.

Vendredi 13 juin autour de 300 personnes, brisant l’interdiction imposée
par la police et la municipalité, se sont retrouvées pour une fête à
l’intérieur des camps. Malgré la présence asphyxiante de la police, qui
a essayé par tous les moyens d’empêcher toute tentative de donner un
sens politique à cette initiative des stands ont été installés et une
petite assemblée informelle s’est déroulée sur les camps, commençant à
"détruire le mur qui les encage" (ndt : un règlement intérieur à
l’initiative de la municipalité et de Caritas interdit toute entrée de
visiteurs dans les camps) et surtout permettant la préparation de la
manifestation du lendemain.

La manifestation de samedi 14 juin a vu la présence d’à peu près 800
personnes qui ont défilé dans les rues du quartier avec un cortège d’une
cent cinquantaine de Roms, avec beaucoup de femmes et d’enfants derrière
une banderole : « Opprimés mais pas soumis », manifestation dynamique
avec des slogans criés : « Stop au racisme », « Maison, travail,
justice, liberté »…. La manifestation a fait émerger la nécessité de
lutter pour une unique alternative possible : l’organisation unitaire de
base de tous les exploités et de tous les opprimés, contre les patrons
et contre leurs serviteurs, de droite et de gauche.

Le cortège s’est déroulé malgré l’interdiction formelle de la police,
sur l’exigence de la droite milanaise avec la complicité explicite de la
« gauche » qui, à travers une réelle et propre campagne jouant sur les
peurs, tant au niveau médiatique qu’à l’intérieur des camps, ont tout
fait pour casser l’initiative.

Malgré un nombre insuffisant de manifestants (par exemple pour casser le
barrage policier, en fin de cortège, qui empêchait les manifestants avec
les Roms de clôturer ensemble cette journée à l’intérieur des camps), il
s’est agi d’une importante étape pour le travail de construction du
comité antiraciste au niveau de la cité et par les liens qui ont été
construits à l’échelle nationale et pas seulement. En effet, au cours de
ces deux jours des délégations provenant de Turin, Gènes, Florence,
Parme, Bologne, Rovereto, Varese, Naples, Lugano et Paris.

L’assemblée qui a conclu cette initiative a donc défini les prochaines
pistes pour continuer la lutte.

Une lutte toujours plus fondamentale quand on pense à la politique
gouvernementale d’une croissante militarisation déclarée et renforcée
par la récente visite de Maroni (ndt : ministre actuel de l’intérieur) à
Milan, qui a l’intention à l’aide des appareils d’Etat de travailler
pour « garantir l’ordre public ».

Une réunion nationale est prévue à Rome le 22 juin du Comité des
Immigrés en Italie.

Une autre est prévue le 25 juin à Milan pour continuer et accentuer le
travail localement.

Le Comité antiraciste de Milan

Lien photos :
http://www.flickr.com/photos/nenenabou/sets/72157605649039161/show/

19 juin 2008

Hommage à Saban Bajramovic

La musique de ce blog s' ouvre aujourd' hui sur une chanson de Saban Bajramovic. (photo©DR)
" Pelno me sam" 
Je suis en prison.

à lire cet article  de Libération de François-Xavier Gomez, du samedi 14 juin 08

«Où est Saban ?»
(prononcer«shabane») Cette phrase a été repétée des millions de fois par ses fans, les promoteurs de concerts et les producteurs de disques qui ont eu affaire à lui. Saban Bajramovic, surnommé «le roi des Gitans de Serbie», était rarement là où on le cherchait. Mais sa Mercedes blanche pouvait apparaître par surprise lors d’un mariage rom à Vienne ou dans un restaurant        yougoslave à Düsseldorf.

Né en 1936 à Nis, dans le sud de la Serbie, Saban échappe au génocide des Roms par les nazis, qui emporte ses parents. Cireur de chaussures, il chante dans les tavernes. Son premier 45 tours sort en 1964 et la chanson Pelno Me Sam («Je suis en prison») le propulse vers le succès. C’est son Jailhouse Rock à lui, mais à la différence d’Elvis, il raconte ce qu’il a vécu : cinq ans de cachot sur l’île de Goli Otok pour désertion pendant son service militaire et insoumission.

Avec ses bras tatoués, souvenir de prison, et ses dents en or, c’est un fauve en liberté, un Vince Taylor des mahalas (les ghettos roms des Balkans) et sa légende se nourrit d’une litanie de frasques : bolides emplafonnés, hôtels saccagés, orgies à la rakija (eau-de-vie)… Mais tout cela ne serait rien sans le magnétisme de sa voix, ses intonations soul , ses chansons qui exaltent la marginalité.

Quand son caractère ingérable finit par le couper du milieu musical, il se consacre au circuit très rémunérateur des mariages. L’utilisation de ses chansons dans les films de Kusturica (que Goran Bregovic signe sans scrupule de son nom) le remet au premier plan. Dans le livre que consacre le journaliste Garth Cartwright aux musiciens tsiganes (1), Bajramovic témoigne : «Je voulais faire un procès […], mais traîner quelqu’un devant un tribunal en Serbie, quel bordel ! Alors j’ai laissé tomber.»

En 2000, le CD Gypsy Legend le fait découvrir au-delà des Balkans. Mais les tentatives pour le faire tourner en Occident seront des échecs prévisibles.

Le roi des chanteurs roms est mort à Nis, sa ville natale, dimanche dernier, au moment où sort un nouveau disque sobrement intitulé Saban.

(1) Princes parmi les hommes, éditions Buchet-Chastel, 2007.

18 juin 2008

Les enfants de Montplaisir peuvent être expulsés d' un jour à l' autre ...


       Ricardo - juin 2008 à Montplaisir  ©marie-pierre vincent


Le juge de l’exécution vient de rendre sa décision au sujet des familles rroms qui vivent dans l’école de Montplaisir, à St Etienne.
Il autorise l’expulsion immédiatement, sans solution alternative.

Au moins 150 personnes sont concernées dont une quarantaine d’enfants tous scolarisés.

Cette décision fait suite à un commandement à quitter les lieux, délivré aux familles par l’ancien maire, en décembre 2007. Le nouveau maire n’a pas cru devoir l’annuler. Le réseau de solidarité avait saisi le juge de l’exécution. Lors de l’audience, le 19 mai dernier, le réseau avait demandé l’annulation de ce commandement ou sinon un délai d’un an, le temps de trouver une solution alternative. La mairie avait demandé sa confirmation avec un délai jusqu’au 5 juillet.

Les familles rroms peuvent donc à tout moment être jetées à la rue. La décision appartient à la municipalité.

Aussi le réseau de solidarité a remis aujourd’hui une lettre au maire de St Etienne, lui demandant notamment l’ouverture de discussions pour des solutions d’hébergement durables .

Pour appuyer cette demande, pour que les familles ne soient expulsées sans solutions d’hébergement alternatives, un rassemblement aura lieu lundi 23 juin à partir de 17H sur les marches de l’Hôtel de Ville.

Mercredi 25 juin de 16H à 21H les familles rroms organisent une fête là où elles vivent, dans les anciens bâtiments de l’école de Montplaisir, rue de Terrenoire.

La lettre du réseau de solidarité au Maire de St-Etienne

RESEAU DE SOLIDARITE - RROMS
Contact : Marie-Pierre VINCENT
24 - rue des Martyrs de Vingré
42000 SAINT ETIENNE
Tél : 06 87 50 84 42
Ou bien : 04 77 25 11 29

Saint Etienne le 17/06/2008

A l’attention de Monsieur le Maire de Saint Etienne

Monsieur le Maire,

Saisi par le réseau de solidarité avec les rroms, le juge de l’exécution vient de faire connaître sa décision concernant la mise en œuvre du « commandement à quitter les lieux » pris en décembre 2007 par l’ancien maire, contre les familles vivant dans les bâtiments de l’école de Montplaisir. Le juge autorise leur expulsion sans délai et sans aucune solution alternative. En clair ces familles peuvent être jetées à la rue à tout moment.
Suite à l’élection de la nouvelle municipalité, vous n’aviez pas cru devoir annuler ce commandement de quitter les lieux. Le réseau de solidarité avait demandé au juge son annulation ou un délai d’un an le temps de trouver, en concertation avec la municipalité, des solutions d’hébergements viables. Nombre de ces familles ont d’ailleurs été installées dans ces bâtiments de Montplaisir par l’ancienne municipalité, suite à leur expulsion de l’immeuble d’EDF, rue Béraud.

Aujourd’hui, nous souhaitons connaître votre position : allez vous mettre à la rue ces familles en sollicitant le concours des forces de police auprès de Monsieur le Préfet ?
150 personnes sont concernées, dont une quarantaine d’enfants tous scolarisés et qui participent à des activités périscolaires montées en collaboration entre le centre social Espace Loisirs et le réseau de solidarité.

Lors de l’entrevue que nous avait accordé Monsieur le 1er adjoint, le 7 mai dernier, nous avions fait part de nos propositions. Nous pensons qu’il est temps de trouver une solution d’accueil durable et décente pour ces familles. Nous proposons l’aménagement d’hébergements relais avec un accompagnement social. Ces hébergements peuvent être créés dans les locaux vacants sur la ville de St Etienne et sur l’agglomération. Ils permettraient d’accueillir décemment les familles rroms qui viennent ici chercher les moyens de vivre et d’assurer un avenir à leurs enfants, de les aider à construire et à mettre en route des projets de vie. Les règles d’occupation peuvent être définies en concertation avec la municipalité et avec toute autre institution qui serait partie prenante. La gestion quotidienne peut s’appuyer sur le réseau de solidarité.
Nous vous avions proposé d’ouvrir des discussions en ce sens. Discussions qui pourraient associer d’autres partenaires (Saint Etienne Métropole, le Conseil Général, la DDAS, la CAF voire la préfecture).
Nous vous demandons à nouveau d’engager ce processus de travail.
Durant la campagne électorale nous vous avions rencontré et vous vous étiez prononcé pour un tel dialogue débouchant sur des solutions plus durables que l’occupation de squats.
D’ailleurs une quinzaine de municipalités françaises ont déjà imaginé et mis en œuvre des solutions d’hébergement avec un accompagnement social.

Lors de notre rencontre du 7 mai le 1er adjoint nous a informé que votre préférence allait vers les retours « volontaire/humanitaire » organisés par l’ANAEM. Nous savons que ce dispositif n’a rien de volontaire et d’humanitaire.
Les familles s’y plient devant les pressions policières et la distribution massive d’Obligations à Quitter le Territoire Français. Aucun projet n’est construit, et ces familles reviennent au bout de quelque temps. Ces sommes ainsi mises en circulation ne servent à rien et alimentent des réseaux plus ou moins mafieux. En fait « ces retours ANAEM » n’ont qu’un seul but, contribuer à atteindre les quotas d’expulsions d’étrangers décidés par le gouvernement.

Nous souhaitons, Monsieur le Maire, une réponse à ce courrier et renouvelons notre disponibilité pour l’ouverture d’un dialogue en vue de commencer à apporter de vraies solutions humaines pour l’accueil de ces familles.

Pour le réseau de solidarité :

Georges Günther, Adeline Combat, Anne Sara Le Cardiet

PS : Nous vous informons que nous rendons public ce courrier.

 Le réseau de solidarité avec les rroms comprend : ALPHA ; ATD Quart Monde ; ATTAC Loire ; l’association Solidarité Rroms ; le CCFD ; le DAL ; le Secours Catholique ; Tous les chemins mènent aux Roms ; la Ligue des Droits de L’Homme ; la FCPE ; les Réseaux citoyens de St Etienne, des personnes et des familles... 




17 juin 2008

planning pour les jours qui viennent - juin 2008

2 jours de vacances pour Estéra, l' an dernier , à Sanary. Pour la première fois, elle voyait la mer .
©dr

Bonjour à tous,
Dans les semaines à venir nous allons tous être très occupés suite à la décision du tribunal, dans nos relations avec la mairie, la préfecture, l'information... Nous n'avons d'ailleurs pas eu le temps à la réunion hebdomaire d' hier lundi,  de se redire toutes les activités quotidiennes au squat, qu'il faudra continuer de mener de front.

Un petit résumé de ce que l'on a dit et pas dit:

Une lettre au maire va être envoyée dès aujourd'hui, un tract d'information est rédigé,
Mardi 17 soir 18h00, il y a la manifestation concernant la Directive de la Honte place Jean-Jaurès, quelques uns d'entre nous seront présents.
Mercredi 18 à 10h30 au squat, il y a la rencontre avec les travailleurs sociaux et les centres de loisirs pour parler des activités des enfants pendants les vacances et des prestations sociales
Mercredi 18 à 14h00 au squat, fabrication de têtes à gazon et atelier jardinage avec des étudiants en horticulture, puis goûter d'anniversaire (offert par le Secours Populaire) pour les enfants nés en juin.
Jeudi 19 à 17h30, activités pour les enfants avec l'Espace Loisirs de Beaulieu au stade Puillet
Samedi 21 à 9h30 à Lyon, rencontre régionale avec les autres comités de soutien aux Rroms
Samedi 21 à 15h00, les musiciens ont rendez vous au studio de Marie-Pierre Vincent,  pour la Fête de la Musique; nous profiterons de cette occasion pour distribuer des tracts informatifs de leur situation appellant à un rassemblement de soutien
Lundi 23 à partir de 14h00, préparation de banderoles au squat, ( à ce propos si vous avez des vieux draps ou cartons, merci de les faire parvenir)
Lundi 23 à 17h00, Rassemblement devant la mairie pour demander la poursuite des discussions
Mercredi 25, à partir de 16h 00, c'est la fête au squat, elle sera l'occasion d'informer un maximum le voisinage et les "partenaires" ( école, centre de loisirs, travailleurs sociaux...) une invitation a été rédigée, merci de la diffuser largement pour ceux qui le peuvent
Jeudi 26 matin, la Fondation de France vient rencontrer le Réseau suite aux demandes de financement de poste
Jeudi 26 à 14h00 , l'association Actis intervient au squat auprès des femmes avec une traductrice
Jeudi 26 à 17h30,activités sportives pour les enfants au stade
- ... J'en ai peut-être oublié.

Je laisse mon tel. si des personnes souhaitent avoir plus d'informations pour soutenir toutes ces actions
Adeline 06.83.31.94.78.
A bientôt

15 juin 2008

Ils ont cru aux promesses d’aides de l’ANAEM.

                                                               Gaby - 11 ans

Ion a 51 ans. Avec sa femme, Maria et sa petite fille de 11 ans, Gaby, ils sont partis  en car avec le premier convoi organisé de Saint Etienne par l’ANAEM, le 11 septembre 2007, dans le cadre de la procédure « d’aide au retour volontaire ou humanitaire ».

L’ANAEM accorde une somme d’argent pour les personnes qui retournent en Roumanie, paye leur voyage et les assure d’une aide substantielle pour leur installation sur place.

Voilà ce qu’on peut lire sur le site de l’ANAEM :

« Programme d’aide à la réinstallation en Roumanie

Ce programme a pour objectif d'aider les Roumains en situation de grande précarité, regagnant leur pays après un séjour en France. Il prévoit, dans le cadre d'un partenariat avec des opérateurs locaux en Roumanie, un accompagnement personnalisé et des aides matérielles et financières à la création d'activités économiques en Roumanie.

(…)

Quelles sont les aides proposées en Roumanie ?

- une formation professionnelle en lien avec le projet économique,

- une étude de faisabilité du projet économique,

- une aide financière au démarrage du projet à hauteur de 3660€ par projet,

- une aide à la réalisation et au suivi du projet pendant un an,

- un accompagnement social, si besoin.

(…)

Qui sont les opérateurs locaux ?

- Association EQUILIBRE ROMANIA

- FONDATION CRIMM

- FONDATION KELSEN

- ASSOCIATION HATNUTZA »

(site ANAEM : http://www.anaem.fr/article.php3?id_article=527 )

 

A l’époque Ion a touché 353€ : 153€ par adulte et 47€ pour sa fille (pour donner un ordre de comparaison le salaire minimum officiel en Roumanie est d’environ 130€ et le salaire moyen de 190€).

Ion habite avec sa famille à Oravita, une petite ville d’une région minière au Sud est de la Roumanie, dans le quartier appelé « la zone de la gare » et surnommé « les immeubles fantômes » en raison de leur délabrement (portes des appartements défoncés, fenêtres cassées, pas d’eau courante, pas de gaz). C’est là que sont confinés les rroms. Il y loue un appartement composé d’une pièce et d’une cuisine.

Arrivé en Roumanie dans la ville d’Oradia, à la frontière de la Hongrie,  l’ANAEM lui a versé les 353€  avec le numéro de téléphone d’une association chargée de les aider dans un projet d’installation.

Immédiatement arrivé chez lui, Ion a téléphoné. Quelque temps après, une personne, prénommée Titel, lui a donné rendez vous devant l’hôtel Caras d’Oravita. Ils ont monté un dossier avec les photocopies des pièces d’identité de la famille de Ion. Ion et Maria ont signé. Le projet (décidé d’autorité part Titel) consistait à acheter des brebis pour une valeur de 7000€. C’est Titel qui achetait les brebis, Ion ne devait rien toucher en argent. Bien sûr comme Ion et sa famille ne pouvait pas s’occuper de ces brebis en ville dans leur quartier, Titel leur a demandé de trouver d’autres personnes à la campagne pour monter ensemble une association. Titel leur a donné un délais d’un mois, le temps de faire valider le dossier à Bucarest par une personne de France. Il devait ensuite les rappeler.

Au bout d’un mois, sans nouvelles, Ion a rappelé. Titel a dit qu’il fallait encore attendre. Un mois après, toujours sans nouvelles, Ion a rappelé une nouvelle fois. C’était pendant les fêtes de Pâques, il fallait encore attendre, mais Titel leur a bien recommandé de ne pas repartir en France, sinon ils perdaient les brebis. Ion a ensuite rappelé plusieurs fois. Titel disait toujours qu’il viendrait à Oravista la semaine suivante.

Ion a dû appeler une vingtaine de fois. Titel, représentant de l’association roumaine chargée normalement d’aider à la mise en route du projet d’installation, n’a jamais rappelé Ion après leur première et unique rencontre.

Lors du dernier appel, le fameux Titel s’est mis en colère, a demandé qu’ Ion arrête de lui téléphoner, « Je sais ce que j’ai à faire » a-t-il dit.

Aucune aide n’a été apportée à Ion et à sa famille. Ion avait demandé à un moment une aide de 300€, refus. Il fallait attendre les brebis.

Ion a finalement abandonné et est revenu en France, à St Etienne, le 9 juin 2008, dix mois après son départ avec l’ANAEM.

 

Ion ne se rappelle plus du nom de l’association roumaine qui devait l’aider. Mais il a son numéro de téléphone (0402622223494) et la ville du siège social, Baia Mare. D’après le site de l’ANAEM c’est le siège de la Fondation Kelsen.

 

Voilà un exemple précis de la façon dont les choses se déroulent concrètement. Aucune des personnes reparties de St Etienne avec l’ANAEM, dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire, n’a bénéficié d’une aide à l’installation.

 

Juste une précision : Gaby, la fille de Ion et Maria, était scolarisée régulièrement avant le départ de la famille, avec de bons résultats. Elle ne l’a plus été en Roumanie. Question d’argent : les enseignants demandent sans cesse de payer pour du mobilier, l’entretien… font pression sur les enfants des familles qui ne versent pas. Les parents de Gaby sont trop pauvres pour verser quoi que ce soit. De retour à St Etienne, elle est immédiatement retournée à l’école…dix mois après !

  Georges Günther



  1 commentaire :

Edifiant mais d'une telle évidence...
Il faudrait consigner à chaque retour après une expérience aussi stérile et coûteuse que démoralisante et déstructurante ces histoires (des tranches de vie ne l'oublions pas) pour les transmettre les unes après les autres, de tout le pays et toutes populations déplacées concernées, aux responsables ANAEM.
Rêvons... d'une prise de conscience...
Au moins ne pourraient-ils pas dire ne pas savoir et se cacher derrière l'exception malheureuse ou le manque d'implication isolés.

PS merci pour les les infos et anecdotes qui si elles n'appellent pas toujours commentaires ou actions sont consultées (la preuve !)

           Valérie

14 juin 2008

Un jeudi soir au stade...

Les jeudis soirs après l'école, des animateurs de l'espace loisirs sont présents au stade de Montplaisir. Tous les enfants du quartier sont les bienvenus.

Ce jeudi, les animateurs n'étaient pas là, mais Adeline et moi avons tout de même accompagné les enfants du squat de Montplaisir au stade. Avec nous, un papa, qui s'est tout à fait pris au jeu.

Au programme, foot pour les plus grands, jeu de ballon pour les petits, marelle, saute mouton, et puis pour finir, roulades et acrobaties dans l'herbe...



A notre disposition, nous avions seulement 2 ballons...Il ne faut donc pas grand chose pour amuser ses petits et les sortir de ce quotidien plein d'incertitudes et de stress... Il suffit d'être présent à leurs côtés...

Une petite nouvelle était parmi nous...

Nous recherchons toujours des bénévoles, et d'autant plus pour les vacances d'été... Vous êtes donc les bienvenus !

Anne-Sara

11 juin 2008

" Romani Project ", un site assez extraordinaire .


                                 Dijon, 1972, Famille Taïcon ©photo marie-pierre vincent

Pour tous ceux qui ont envie d' étudier d'un peu près la langue romani , ce site est un véritable bijou !

http://romani.humanities.manchester.ac.uk/db/phrase.html
(faire un copié-collé de cette adresse)

Créé par Yaron Matras, professeur à l' Université de Manchester,
plus d'une vingtaine de "dialectes" de langue romani y sont étudiés.

A partir de l' anglais,  du turc, du bulgare, du slovaque ...
des phrases sont traduites , et peuvent être écoutées dans tous les "Romani dialect"
en lovari, en kalderash, en churjarja,en kalajdzi ...
(il faut avoir le son sur le computer ! )

et l'on voit bien que si déclinaisons et terminaisons de conjugaisons changent selon les pays où les rroms se sont installés,
les racines des mots restent les mêmes,
provenant d'une langue unique indo-aryenne.
C'est retracer l' histoire des migrations des rroms par la langue.

De plus des cartes sont présentes, on peut cliquer et voir comment certains mots, sans changer fondamentalement ,
ont évolué ou bien se sont transformés selon les pays où les Rroms sont passés .
Sans être aucunement linguiste, ce site est fascinant.

mp



10 juin 2008

Une rencontre avec les professionnels de l' enfance

                                                                St-Etienne 2004 ©mpv


mercredi 18 juin 2008
de 10h30 à 12h00
36, rue de Terrenoire à l’atelier des Enfants du squat
à St-Etienne

Cette rencontre à lieu dans la continuité du travail en réseau qui a été amorcé par la réunion du 27 Mars 2008, avec les professionnels de l’enfance.
Depuis cette date, le squat de la rue Jean Allemane a été expulsé. Les familles Rroms se trouvent actuellement rue Roger Salengro. Ceci explique pourquoi nous invitons les travailleurs sociaux du secteur du centre ville.

à l'ordre du jour:

LOISIRS ENFANCE POUR LES VACANCES D’ETE
Activités enfants mise en place par le Réseau et projets pour l’été.
Quelles possibilités d’accueil dans les centres de loisirs ?
Quels types de projets peuvent se construire avec les éducateurs de prévention et de polyvalence ? Chantiers éducatifs, séjours de vacances, fête de quartier…
De quelles aides financières peuvent bénéficier les familles ? Bons C.A.F., aides mensuelles…

PRESTATIONS SOCIALES
Bilan des orientations gouvernementales concernant les aides de la C.A.F.
Quel soutien apporter aux familles qui ne bénéficient d’aucune prestation ?
Existe-t-il d’autres dispositifs que les allocations mensuelles ?


Pour plus renseignements sur cette rencontre, vous pouvez contacter Adeline COMBAT au 06.83.31.94.78. ou par mail adcombat@laposte.net

Sont invités : la présidente de la C.A.F., l’Espace Loisirs de Beaulieu, le Centre Social rue Paul Ronin, les chefs de services et travailleurs sociaux de la Mairie et du Conseil Général, les éducateurs de prévention concernés par la rue Roger Salengro et celle de Terrenoire 

C' est la fête le 25 juin au squat Montplaisir, à partir de 16 heures.

Une fête de plus ou une fête un peu différente ?


                                                                Carnaval 2008 ©aslc


Le mois de juin, c’est autant d’occasions de se retrouver pour clore une année
où des actions se sont mises en route et d' annoncer les perspectives de l' année qui vient.

Les rroms vivent sur notre commune depuis plusieurs années. Avec le réseau de solidarité à leur côté, des choses se sont construites,
malgré l’acharnement des pouvoirs publlcs à ne pas les accueillir, à les décourager à s’installer, à chercher à les expulser….
Malgré tout cela,  des associations sont venues enrichir le réseau,
des  professionnels se sont laissés interpeller pour s’efforcer de leur trouver une place,
de leur rendre leur dignité.
Des actions deviennent pérennes, des perspectives s’ouvrent.

Les rroms et les membres du réseau auront le plaisir de vous accueillir pour partager leur art :
la musique et la danse,
les spécialités culinaires.
En réservant bien évidemment une place particulière aux enfants avec des stands pour jouer,
et puis  la présence du clown Joël, et le conteur Mohamed.

Vous êtes habitants du quartier, vous appartenez à des réseaux qui
soutiennent l’accès aux droits pour tous, vous avez été amenés à
accueillir des enfants, des familles, des personnes rroms dans le
cadre de votre travail….

Nous avons besoin de toutes vos présences pour partager un temps de convivialité, un temps de fête,
un temps pour réfléchir et comprendre ce qu’il est possible de construire ensemble
pour qu’un monde de justice et de solidarité ne soit pas qu’un vain rêve.
Le mois de juin, c’est aussi la fête de la lumière.

Une libre participation aux frais d’organisation vous sera proposée.

8 juin 2008

L' enfant au tambour

Du matin jusqu'au soir, pour quelques demi-dinars, à côté du très chic Centre Commercial de Skopje,(Makedonia)  l' enfant au tambour joue, inlassablement. ©mpv

4 juin 2008

lettre ouverte diffusée cette semaine sur St-Etienne

Une nouvelle expulsion en vue: les familles de l' immeuble du 47, rue Roger Salengro ...
Voici donc une lettre ouverte, diffusée sous forme de tract sur St-Etienne.


                                                        Enfants du squat de la rue Salengro
    © notre jeune photographe Vejai qui habite lui même, avec sa famille, dans ce squat.


Pour le respect des droits humains, des droits des enfants,
les familles rroms roumaines ont besoin de votre solidarité.


Au 47 de la rue Roger Salengro vivent 7 familles rroms roumaines, soit 16 adultes et 18 enfants dont 2 bébés de 1 mois ½.
Ces familles se sont réfugiées là, dans la soirée du 23 avril 2008, sous la pression des menaces répétitives de la police. Elles habitaient un immeuble insalubre de la rue Allemane près de Centre-Deux.
Le préfet avait décidé de les faire expulser, sans aucune autre solution d’hébergement. C'est-à-dire qu’elles auraient été à la rue si elles n’avaient pas pu se réfugier dans ce nouvel immeuble, lui aussi sans eau , ni WC.
Quand une famille emménage, elle reconstitue son foyer;
c’est pareil pour les rroms, et dans leur cas, le foyer est précaire, fait de bric et de broc, et quand la menace de l’expulsion tombe, la situation devient dramatique.
Tous les enfants étaient scolarisés à l’école primaire Jules Ferry de Centre-Deux et au collège du Mont. Ils continuent à aller dans ces écoles malgré leurs difficultés et maintenant l’éloignement.
La petite Sara née le 15 avril 2008, à terme, aura eu le temps de connaître deux squats. Quant à Francesca, née prématurément, elle n’en aura connu qu’un à ce jour.
Ces familles demandent juste de cohabiter avec les autres habitants du quartier, d’avoir un toit.
Des familles rroms viennent en France, chassées par la misère et les discriminations en Roumanie. Ils essayent de trouver les moyens de vivre avec leurs enfants. La Roumanie est entrée dans l’Union Européenne en 2007, mais rien n’a changé pour eux.
Les familles de la rue Salengro viennent de recevoir un nouvel avis d’expulsion prononcé par le Tribunal à la demande de la SEDL, propriétaire de l’immeuble. Combien de temps va durer pour eux cette chasse de squats en squats, destructrice pour les familles et les enfants ?

Squatter des immeubles sans eau, sans électricité, sans sanitaire, ce n’est ni une solution durable, ni une solution digne. Mais que faire alors que la Mairie, le Conseil Général, Saint Etienne-Métropole, la Préfecture, leur refuse toute autre solution d’hébergement, que Monsieur le  Préfet n’hésite pas à déployer un gros dispositif policier pour les jeter à la rue ?

Au nom du respect de la dignité humaine, des droits de l’homme, nous ne pouvons pas accepter que des personnes, des enfants, soient traités de la sorte, qu’on les laisse ainsi en danger.

Ces familles et le réseau de solidarité demandent qu’une solution durable et décente d’hébergement soit trouvée. Nous pensons qu’il est tout à fait possible d’aménager, dans les nombreux locaux vides sur Saint Etienne et son agglomération, un lieu avec un accompagnement social, pour leur permettre de se poser et les aider à construire des projets à mettre en route ici ou en Roumanie, si elles le souhaitent.

Ces familles ont besoin de votre solidarité pour obtenir le respect de leur dignité.
Pour entrer en contact avec le Réseau de Solidarité et avec les familles : 06 71 61 87 38 ou au 06 83 28 82 17
pour le réseau : ©mr

3 juin 2008

les départs ANAEM - une drôle d' histoire.


                                          Contrôles passeports et listes avant le départ !


Nouveaux départs organisés par l' ANAEM ( Agence Nationale d' Accueil des Etrangers et des Migrations ! )
Deux cars ce matin à St-Etienne .
Direction St-Exupéry, l' aéroport de Lyon,
Puis Bucarest.
Tout le monde est content de prendre l' avion et de revenir ensuite en France
avec les 300 euros versés à chaque personne, par l' Etat français .

Il y a même des familles roumaines qui sont venues spécialement de Clermont,
et puis d' Espagne,
pour prendre le fameux car, puis l' avion,  et recevoir les 300 euros.
Il y a quand même quelque chose qui me chagrine beaucoup, dans cette histoire.
A chaque réunion avec les élus, ou les préfets , nous entendons parler des fameux "passeurs".
Mais le plus grand passeur , c' est l' Etat français !

Avec les 300 euros versés, la personne revient . En France .
Il lui reste même un petit bénéfice.
Pourquoi se priver de l' aide au retour ?
Lorsqu' avec l' argent on peut revenir.
( Pour rentrer , Eurolines doit coûter dans les 150 euros, en ce moment )
On se demande quand même comment un tel système a pu être mis en place !
C'est un gâchis total de moyens humains et financiers !

Mais tout le monde s' adapte . Sans réfléchir plus en avant !
Faisons du chiffre sur le nombre des retours , c' est cela qui est important !
Se soucier d'une acceptable solution de vie  pour les familles rroms en Europe parait du domaine du rêve.

marie-pierre vincent.
©photos mpv


             ZUT ! notre ami Ioio prend le car n°2 et il a mis son bagage dans le car n°1 !


MAIS COMMENT FONT-ILS ?
Un témoignage d' Anne-Sara Le Cardiet

Saint Etienne, Mardi 3 juin 2008, 5h15.
Marie Pierre et moi arrivons au squat de Montplaisir, curieuses de savoir qui part avec l’ANAEM (pourquoi ils partent ? on s’en doute un peu).
Doucement, un groupe de personnes se forme à l’entrée du squat. Certains, habillés spécialement pour l’occasion, traînent d’énormes sacs sur le trottoir, tandis que d’autres, venus en France pour quelques jours seulement, n’ont aucun bagage. Tous se préparent tranquillement, l’ambiance est plutôt détendue.

Aujourd’hui, environs 40 personnes partent avec l’ANAEM. Le bus devrait être arrivé depuis 5h… mais ce n’est que vers 6h que Madame ANAEM (« je fais mon travail, je suis payée mais surtout je ne réfléchis pas à ce que je fais ») arrive pour organiser tout cela. (Peut-être recevra t-elle une prime de rentabilité ? après tout, ce serait normal, c’est bien grâce à elle, entre autres, que certains pourront se vanter d’être parvenu à ses quotas…Et puis, ce n’est quand même pas simple, quand on ne parle ni le roumain ni le tsigane, de convaincre autant de personnes (certaines ne comprenant pas un mot de français) de partir avec l’ANAEM,).

Pour ce départ, certains sont venus de Clermont, d’Espagne, et même de Roumanie… pour repartir en Roumanie…et toucher 300 euros. Bon, un peu moins, car il était convenu qu’un transport soit organisé jusqu’à Timisoara (grande ville de la région dont majorité des partants sont originaires). Finallement, tous apprennent ce matin là que leur transport s’arrêtera à Bucarest…Chacun devra donc utiliser une partie de la somme qui lui sera remise pour payer le bus jusqu’à son village, mais bon, comme dit Madame ANAEM « après tout, on leur donne de l’argent ! ».

Le plus étonnant ce matin, ce n’est pas que madame ANAEM n’ait pas changé, mais bien cette scène assez terrible qui se déroule devant nos yeux : la majorité des personnes qui partent ont le sourire. La plupart d’entre elles, je ne les connais pas. Nombreux sont venus spécialement pour repartir, et bien sûr se ravient de pouvoir rentrer en Roumanie aux frais de la France, et en plus de recevoir à leur arrivée plus, que ce qu’ils n’auraient gagné en travaillant 1 mois en Roumanie.

Lors du premier départ organisé par l’ANAEM en septembre, tous partaient découragés, certains même en pleurs, contraints d’accepter cette proposition malhonnête que leur faisait la France, après les avoir inondés d’OQTF et de pressions policières.

Hier, ce que j’ai vu, finalement, ce sont des gens incroyables, qui n’ont tellement rien d’autre à quoi se raccrocher que leur famille, qu’ils acceptent tout ce qu’on leur propose, et s’adaptent avec le sourire à cette solution qui n’en est pas une. Comment font-ils ?
Si ça, ce n’est pas une richesse !

Il était plus de 7h lorsqu’ils sont montés dans le bus, pour un nouveau départ ??? Direction Lyon St- Exupéry, puis vol vers Bucarest.
Au sujet de l’ANAEM, je ne sais pas comment est financée l’ANAEM, mais …
Il est quand même assez contradictoire de voir tout cet argent mal utilisé, et en même temps, des étrangers qui sont en difficultés pour travailler en France avec un contrat en règle, souvent parce que les employeurs refusent de régler la taxe due à l’ANAEM (qui vaut presque les ¾ du salaire net perçu par le salarié).

Un exemple de l’absurdité de ce système : dans le bus de l’ANAEM, un jeune déjà expulsé plusieurs fois via des passages en centre de rétention, qui, en France, travaille assez régulièrement au noir ou vend le journal « sans abris ». Tout l’argent dépensé par la France pour être sûre qu’il dégage (frais en centre de rétention administrative, frais de transport et de personnel multipliés par autant de voyage qu’il a fait…) n’aurait-il pas pu être utilisé pour un accompagnement pour une recherche d’emploi, par exemple ?
Il faut savoir que cette situation n’est pas un cas isolé.


 

COMMENTAIRE 1

Bien qu'étant peu impliqué dans l'action avec les Rroms, je me permets de donner un petit avis sur la question "comment font-ils?" Comme beaucoup, ils se débrouillent avec leurs formes de solidarité familiales et communautaires qui ne doivent évidemment pas grand chose à l'état providence.

J'ai entendu l'autre jour un médecin faire remarquer que ce qui le frappait chez les Rroms ,c'est que dans les moments les plus importants d'une existence, la naissance et le décès, personne n'est jamais seul. La famille élargie est toujours là. Il disait presque qu'on ferait bien de regarder ça de plus près, vu ce qu'il constatait dans l'évolution de notre société quand on les aide.

Quand à la dame qui ne se pose pas de question sur son travail, il est évident qu'elle à tort ... bien qu'elle ne soit pas la seule dans ce cas.
Raymond Vasselon
5 juin 2008


COMMENTAIRE 2

Ce que j'ai lu me révolte et me rassure en même temps. Je m'explique en quelques mots.
Le gouvernement français, incapable d'appliquer une politique saine et constructive à destination de citoyens européens, s'entête à dépenser de manière absurde de l'argent. Cet argent pourrait pourtant servir à monter des projets de vie pour ces personnes. D'un autre côté, voilà qu'elle permet à des familles de retourner au pays et visiter les proches. Qui n'en profiterait pas?
Agnès  Duvernois
5 juin 2008


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