un article du Monde d'aujourd'hui, que nous reprenons dans sa totalité.
puisse cette décision alléger OQTF et autres brimades !
mp
"Saisi de recours déposés par la Ligue des droits de l'homme, la
Cimade, le Gisti d'une part, et SOS-Racisme d'autre part, le Conseil
d'Etat a pour partie annulé, lundi 19 mai, la circulaire sur les "modalités d'admission au séjour et d'éloignement des Roumains et des
Bulgares", qu'avait adressé aux préfets le 22 décembre 2006 le ministre
de l'intérieur d'alors, Nicolas Sarkozy, à la veille de l'entrée dans
l'Union européenne de ces ressortissants.*
Les associations avaient saisi le Conseil d'Etat car elles estimaient
que ce texte "niait le droit à la libre circulation" de ces nouveaux
entrants dans l'Union et qu'il était à ce titre discriminatoire à leur
égard. Or, dans sa décision, le Conseil d'Etat rappelle en substance
que, bien que soumis à des dispositions particulières en matière de
travail, les Roumains et les Bulgares n'en sont pas moins des citoyens
européens à part entière, bénéficiant comme tout autre de la liberté de
circulation.
Le ministre de l'intérieur ne pouvait dès lors, a jugé le Conseil
d'Etat, opposer aucune condition à leur court séjour (moins de trois
mois) qui entrave leur droit à circuler, en invoquant "une charge
déraisonnable pour le système d'assurance sociale français".
Le droit de circuler et de séjourner librement plus de trois mois en
France comme dans tout autre Etat membre est, lui, soumis à des
conditions : le citoyen européen ne doit notamment pas constituer une
menace pour l'ordre public et doit disposer de ressources suffisantes
afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assurance sociale,
ainsi que d'une assurance-maladie.
"CHARGE DÉRAISONNABLE"
Cependant, même pour ces séjours de plus de trois mois, "en fixant le
niveau de ressources par référence au montant du revenu minimum
d'insertion ou de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, la
circulaire a édicté des conditions qui n'étaient prévues ni par la loi
ni par décret", a constaté le Conseil d'Etat, qui a dès lors annulé ces
dispositions du texte attaqué.
En d'autres termes, si rien n'interdit
la France comme tout Etat membre de faire une évaluation de ce qui
constitue une "charge déraisonnable", il ne peut déterminer un seuil
de ressources requises par le biais d'une simple circulaire.
De la même façon, le Conseil d'Etat a annulé la disposition de la
circulaire prévoyant que les Roumains et les Bulgares puissent faire
l'objet d'une obligation à quitter le territoire lorsqu'ils constituent
une charge déraisonnable pour le système social français, car cette
condition n'avait jamais été prévue par la loi.
"
Laetitia Van Eeckhout
Départs ANAEM, St-Etienne au petit matin ©mpv
