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Solidarité Rroms Saint-Etienne

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11 juin 2008

" Romani Project ", un site assez extraordinaire .


                                 Dijon, 1972, Famille Taïcon ©photo marie-pierre vincent

Pour tous ceux qui ont envie d' étudier d'un peu près la langue romani , ce site est un véritable bijou !

http://romani.humanities.manchester.ac.uk/db/phrase.html
(faire un copié-collé de cette adresse)

Créé par Yaron Matras, professeur à l' Université de Manchester,
plus d'une vingtaine de "dialectes" de langue romani y sont étudiés.

A partir de l' anglais,  du turc, du bulgare, du slovaque ...
des phrases sont traduites , et peuvent être écoutées dans tous les "Romani dialect"
en lovari, en kalderash, en churjarja,en kalajdzi ...
(il faut avoir le son sur le computer ! )

et l'on voit bien que si déclinaisons et terminaisons de conjugaisons changent selon les pays où les rroms se sont installés,
les racines des mots restent les mêmes,
provenant d'une langue unique indo-aryenne.
C'est retracer l' histoire des migrations des rroms par la langue.

De plus des cartes sont présentes, on peut cliquer et voir comment certains mots, sans changer fondamentalement ,
ont évolué ou bien se sont transformés selon les pays où les Rroms sont passés .
Sans être aucunement linguiste, ce site est fascinant.

mp



6 mai 2008

Apprendre la langue romani aux gadjé, c’est possible !

C' est une belle histoire... Dans la région nantaise, à l'initiative de Michel Rousseau, 
des rroms sont devenus "professeurs" et apprennent la langue romani
( ou tsigane , employer le terme qu'il vous plaira ...) aux gadjé français.

Depuis des années, Michel Rousseau intervenait auprès de la communauté tsigane de la région nantaise. Il retranscrivait en roumain les propos que le pasteur chargé de ces âmes lui transmettait en français. Autodidacte, ce chaudronnier aux chantiers de construction navale de Nantes, puis dans différentes entreprises de la cité océane et lyonnaise, avait appris cette langue.
La rédaction du livre qu’il prépare sur la Roumanie et auquel il réserve un chapitre sur les Tsiganes, lui a fait franchir le pas en septembre dernier. Lors d’une réunion de l’association à laquelle il appartient et qui s’occupe activement de la communauté rrom, il a émis à brûle pourpoint l’idée d’apprendre le tsigane. Son intention première était seulement d’assimiler quelques mots, histoire "d’ouvrir les portes". Une poignée de volontaires s'est joint à lui, à sa grande surprise. Les premiers élèves se sont retrouvés à huit, coincés dans une caravane exiguë. Monalisa, la fille de Sorin qui s’était proposée pour assurer les cours, avait salué leur arrivée d’un solennel «Monsieur le Professeur vous attend». Adultes et enfants de la communauté s’étaient groupés pour réserver un accueil chaleureux à ces "Gadjé" qui manifestent tant d’intérêt à leur égard.
De nouveaux candidats ayant manifesté l’intention de se joindre au groupe, le problème de la place s’est vite posé. La caravane n’étant pas extensible et les élèves ayant du mal à prendre des notes. Michel, jamais à court d’idées, a trouvé la solution : il envoie les cours par e-mail.
Le nombre d'élèves a d’ailleurs sérieusement augmenté puisqu’ils sont près de 30 maintenant. Une ouverture qui fait plaisir au nantais, lequel se propose d’envoyer gratuitement les cours à tous ceux qui s'intéressent à la langue tsigane.
(Faire la demande à rumic@hotmail.fr).
Les Tsiganes saluent désormais leurs élèves gadjé en ajoutant «mbro pral» (mon frère) à leur formule de politesse traditionnelle «as¸es devlea» (Dieu marche avec toi). A la veille du nouvel an, tous se sont séparés en se saluant par un sonore «mai la s¸io kio ba˘s¸» (Bonne année).

Sorin et Monalisa, professeurs de langue romani dans la région nantaise ©droits réservés

Monalisa, 13 ans, déléguée de classe chez les Gadjé.

Quand son père n’est pas là, c’est Monalisa, 13 ans, qui assure l’intérim. Elle y met tant de cœur que ses élèves se sentent obligés de faire des progrès. La fillette est arrivée en 2003 en France avec ses parents. Elle ne parlait pas un mot de français. En Roumanie, elle avait été "remisée" au fond de la classe.
En France, elle a suivi une scolarité normale, passant du primaire au collège. Aujourd’hui elle est en 5ème et apprend l’anglais, sa quatrième langue avec le tsigane, le roumain et le français. Sans compter le turc et l’hindi, proches de sa langue maternelle qu’elle arrive à suivre dans les films qui passent sur les chaînes satellites de la télé.
Les professeurs de Monalisa ne tarissent pas d’éloges sur les qualités de leur petite élève, saluant sa grande ouverture d’esprit. D’ailleurs ses camarades de classe, filles et garçons français confondus, l’ont élue déléguée de classe à la rentrée dernière !
Une grande fierté de ses parents qui espèrent pour leurs enfants une destinée meilleure que la leur. Un exemple aussi pour toute la jeune génération tsigane, invitée à mener un parcours aussi courageux et à s’investir de plus en plus pour gagner sa reconnaissance dans l’Europe.


note de la rédaction :
à propos de la langue romani, un excellent livre de "fonds" et de référence:

Parlons tsigane

par Vania de Gila-Kochanowski

chez l' Harmattan

Une bonne première approche de la langue romani, mais aussi de l'histoire et de la culture du peuple tsigane.


"Une description de la romani (la langue tsigane) par un Tsigane qui a appris dès son enfance, comme le font tous les enfants du monde, sa langue, sa culture et son histoire ! Qu'est-ce que la romani ? C'est une descendante directe du sanskrit, comme ses langues sœurs indo-aryennes, en particulier le rajasthani et le hindi, qui partagent avec elle sa morphologie. Mais depuis la diaspora des locuteurs, la romani s'est débarassée de toutes les complications inhérentes aux langues écrites pour aboutir à une simplicité, à une rigueur et à une logique peu commune. En comparant la romani avec les langues indo-aryennes modernes, l'auteur cherche à déterminer d'une manière précise l'habitat original des Tsiganes en Inde et, l'anthropologie, l'ethnologie et les archives aidant, leur caste originelle, les dates et les causes de leurs exodes."