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Solidarité Rroms Saint-Etienne

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21 juin 2008

Manifestation à Milan



Manifestation à Milan - photo tous droits réservés - http://www.flickr.com/photos/nenenabou/


"Le texte ci-dessous est signé du Comité antiraciste de Milan.
J' étais moi-même à Milan, il s'agit d'un collectif de milanais qui suit la situation des Roms et lutte avec eux depuis au moins 6-7 ans.
Pour le 14 c'était une manif qui ressemblait sérieusement à celle qui a eu lieu à Paris en décembre dernier. "

Gaël du Comité de soutien aux Roms de Bagnolet (93)
 

Traduction du bilan de l’initiative antiraciste de Milan.

Les 13 et 14 juin s’est déroulée l’initiative organisée par le Comité
antiraciste milanais avec la communauté des Roms de la Via
Barzaghi-Triboniano qui vivent sur les « camps légalisés » gérés par la
Casa della Carita (ndt :l’organisation humanitaire Caritas) et présentés
comme les modèles d’intégration les plus avancés possibles pour la
population rom. En réalité ces dernières semaines, comme toutes les
installations roms de la ville, ces camps représentent la base
d’expérimentation de la nouvelle ligne politique milanaise en matière de
« sécurité » signée De Corato-Salvini-Penati (ndt : élus municipaux
milanais) et textuellement de « diminuer par deux le nombre de tziganes
de la cité » et « d’éliminer tous les camps et les bidonvilles ».

En d’autres termes : contrôles partout, fichage sur une base ethnique
avec comme finalité explicite les évacuations de terrains et les
expulsions du pays.

Vendredi 13 juin autour de 300 personnes, brisant l’interdiction imposée
par la police et la municipalité, se sont retrouvées pour une fête à
l’intérieur des camps. Malgré la présence asphyxiante de la police, qui
a essayé par tous les moyens d’empêcher toute tentative de donner un
sens politique à cette initiative des stands ont été installés et une
petite assemblée informelle s’est déroulée sur les camps, commençant à
"détruire le mur qui les encage" (ndt : un règlement intérieur à
l’initiative de la municipalité et de Caritas interdit toute entrée de
visiteurs dans les camps) et surtout permettant la préparation de la
manifestation du lendemain.

La manifestation de samedi 14 juin a vu la présence d’à peu près 800
personnes qui ont défilé dans les rues du quartier avec un cortège d’une
cent cinquantaine de Roms, avec beaucoup de femmes et d’enfants derrière
une banderole : « Opprimés mais pas soumis », manifestation dynamique
avec des slogans criés : « Stop au racisme », « Maison, travail,
justice, liberté »…. La manifestation a fait émerger la nécessité de
lutter pour une unique alternative possible : l’organisation unitaire de
base de tous les exploités et de tous les opprimés, contre les patrons
et contre leurs serviteurs, de droite et de gauche.

Le cortège s’est déroulé malgré l’interdiction formelle de la police,
sur l’exigence de la droite milanaise avec la complicité explicite de la
« gauche » qui, à travers une réelle et propre campagne jouant sur les
peurs, tant au niveau médiatique qu’à l’intérieur des camps, ont tout
fait pour casser l’initiative.

Malgré un nombre insuffisant de manifestants (par exemple pour casser le
barrage policier, en fin de cortège, qui empêchait les manifestants avec
les Roms de clôturer ensemble cette journée à l’intérieur des camps), il
s’est agi d’une importante étape pour le travail de construction du
comité antiraciste au niveau de la cité et par les liens qui ont été
construits à l’échelle nationale et pas seulement. En effet, au cours de
ces deux jours des délégations provenant de Turin, Gènes, Florence,
Parme, Bologne, Rovereto, Varese, Naples, Lugano et Paris.

L’assemblée qui a conclu cette initiative a donc défini les prochaines
pistes pour continuer la lutte.

Une lutte toujours plus fondamentale quand on pense à la politique
gouvernementale d’une croissante militarisation déclarée et renforcée
par la récente visite de Maroni (ndt : ministre actuel de l’intérieur) à
Milan, qui a l’intention à l’aide des appareils d’Etat de travailler
pour « garantir l’ordre public ».

Une réunion nationale est prévue à Rome le 22 juin du Comité des
Immigrés en Italie.

Une autre est prévue le 25 juin à Milan pour continuer et accentuer le
travail localement.

Le Comité antiraciste de Milan

Lien photos :
http://www.flickr.com/photos/nenenabou/sets/72157605649039161/show/

4 juin 2008

lettre ouverte diffusée cette semaine sur St-Etienne

Une nouvelle expulsion en vue: les familles de l' immeuble du 47, rue Roger Salengro ...
Voici donc une lettre ouverte, diffusée sous forme de tract sur St-Etienne.


                                                        Enfants du squat de la rue Salengro
    © notre jeune photographe Vejai qui habite lui même, avec sa famille, dans ce squat.


Pour le respect des droits humains, des droits des enfants,
les familles rroms roumaines ont besoin de votre solidarité.


Au 47 de la rue Roger Salengro vivent 7 familles rroms roumaines, soit 16 adultes et 18 enfants dont 2 bébés de 1 mois ½.
Ces familles se sont réfugiées là, dans la soirée du 23 avril 2008, sous la pression des menaces répétitives de la police. Elles habitaient un immeuble insalubre de la rue Allemane près de Centre-Deux.
Le préfet avait décidé de les faire expulser, sans aucune autre solution d’hébergement. C'est-à-dire qu’elles auraient été à la rue si elles n’avaient pas pu se réfugier dans ce nouvel immeuble, lui aussi sans eau , ni WC.
Quand une famille emménage, elle reconstitue son foyer;
c’est pareil pour les rroms, et dans leur cas, le foyer est précaire, fait de bric et de broc, et quand la menace de l’expulsion tombe, la situation devient dramatique.
Tous les enfants étaient scolarisés à l’école primaire Jules Ferry de Centre-Deux et au collège du Mont. Ils continuent à aller dans ces écoles malgré leurs difficultés et maintenant l’éloignement.
La petite Sara née le 15 avril 2008, à terme, aura eu le temps de connaître deux squats. Quant à Francesca, née prématurément, elle n’en aura connu qu’un à ce jour.
Ces familles demandent juste de cohabiter avec les autres habitants du quartier, d’avoir un toit.
Des familles rroms viennent en France, chassées par la misère et les discriminations en Roumanie. Ils essayent de trouver les moyens de vivre avec leurs enfants. La Roumanie est entrée dans l’Union Européenne en 2007, mais rien n’a changé pour eux.
Les familles de la rue Salengro viennent de recevoir un nouvel avis d’expulsion prononcé par le Tribunal à la demande de la SEDL, propriétaire de l’immeuble. Combien de temps va durer pour eux cette chasse de squats en squats, destructrice pour les familles et les enfants ?

Squatter des immeubles sans eau, sans électricité, sans sanitaire, ce n’est ni une solution durable, ni une solution digne. Mais que faire alors que la Mairie, le Conseil Général, Saint Etienne-Métropole, la Préfecture, leur refuse toute autre solution d’hébergement, que Monsieur le  Préfet n’hésite pas à déployer un gros dispositif policier pour les jeter à la rue ?

Au nom du respect de la dignité humaine, des droits de l’homme, nous ne pouvons pas accepter que des personnes, des enfants, soient traités de la sorte, qu’on les laisse ainsi en danger.

Ces familles et le réseau de solidarité demandent qu’une solution durable et décente d’hébergement soit trouvée. Nous pensons qu’il est tout à fait possible d’aménager, dans les nombreux locaux vides sur Saint Etienne et son agglomération, un lieu avec un accompagnement social, pour leur permettre de se poser et les aider à construire des projets à mettre en route ici ou en Roumanie, si elles le souhaitent.

Ces familles ont besoin de votre solidarité pour obtenir le respect de leur dignité.
Pour entrer en contact avec le Réseau de Solidarité et avec les familles : 06 71 61 87 38 ou au 06 83 28 82 17
pour le réseau : ©mr

25 avril 2008

Les familles rroms expulsées d' Allemane

     Depuis 2003 ... les expulsions se succèdent sur St-Etienne;
      après la Montat,  le terrain des Charbonnages, "le Garage", le passage St-Barthélemy, Le Soleil, Michon ,
     la rue Perret, la Ricamarie, Salengro,  Tournefort, la Chance, Basson, Gonnard, Palissy,
      Béraud,

sans oublier la destruction systématique des caravanes du Clapier, et l'évacuation du terrain où se construit en ce  moment le
 Zénith, et j' oublie encore des lieux ... voici hier une nouvelle expulsion des familles rroms de St-Etienne, de leurs logements et habitations, avec le concours des forces de police .

     mp
 


                                Le squat de la rue Tournefort, muré en 2005 ©mpv


    « J’ai eu au hier téléphone le directeur de cabinet du préfet, M. Bouchaillat.
     Il m’a confirmé que le préfet avait accordé, à la société HLM
    propriétaire de l’immeuble de la rue Allemane (qui
    dépend de la SNCF), le concours de la force publique. D’où le déploiement
    policier entre 6H15 et 7H du matin me dit-il. En fait dès 4H30 d’après les
    témoignages que nous avons. Il y avait une dizaine de cars de  police qui ont
    barré toute la rue Allemane.
    Il m’a dit qu’au moment de leur arrivée les policiers avaient constaté
    que l’immeuble était vide. Les familles avaient devancé l’expulsion.

    Donc le préfet de la Loire avait bien pris la décision de jeter dehors
    une cinquantaine de personnes, femmes, enfants, bébé, sans solutions de
    relogement. On en revient aux méthodes du terrain du Clapier, sauf que là
    devant les pressions policières les familles étaient parties juste avant… dans
    un squat aussi pourri que celui de la rue Jean Allemane,
    sans eau, sans électricité, sans WC.

    Leur situation s’est aggravée puisque que la plupart des quelques
    effets qu’ils avaient, sont restés rue Jean Allemane :
    l’immeuble a été muré et était hier soir gardé par des vigiles. Tout le travail
    de scolarisation des enfants (environ 15) est ainsi mis par terre et à
    recommencer. Pourtant les enseignants lors de la dernière rencontre que nous
    avons eu avec eux, avaient loué l’assiduité de ces enfants à l’école.

    Quand j’ai fait remarquer cela au directeur de cabinet du préfet, il m’a
    répondu que pour la préfecture « ces personnes n’avaient pas vocation à
    rester en France ». En langage non administratif, cela veut dire qu’elles
    sont indésirables chez nous en situation régulière ou pas. C’est d’ailleurs
    pour cela, explique le directeur de cabinet, que la préfecture utilise les « retours
    humanitaires » avec l’ANAEM.

    Si la décision de mettre en œuvre l’expulsion dépend du préfet, il me
    semble peut probable qu’il n’y ait pas eu une concertation entre la préfecture
    et la mairie, au moins une demande d’avis au maire.

    Après discussion hier avec certains membres du réseau, il nous semble
    qu’il est nécessaire de tenir une conférence de presse pour expliquer ce qui s’est
    passé, le dénoncer, exiger des solutions durables. «

    Georges Gunther

    

24 avril 2008

COMMENT LES RROMS PEUVENT-ILS CONTRIBUER A CONSTRUIRE LA RICHESSE DU MONDE ?


…  AVEC UN PROJET D’UNE AGRICULTURE RESPECTUEUSE DE L’ENVIRONNEMENT
ET DES ATELIERS DE REPARATION…
                  Granges à foin et jeux d' enfants - Manu et son cousin - Brad - ©mpv 2004            

Les rroms viennent en France pour vivre mieux, c'est-à-dire pour pouvoir assurer de façon autonome les différents besoins inhérents à la construction de leur existence.
En Roumanie, le chômage touche actuellement 20% de la population,  mais 80% des rroms sont sans emploi. Les « aides au retour » qui avait été mises en place par l’ANAEM se sont toutes soldées par des échecs, faute de moyens réels en soutien humain et matériel. 
Les familles rroms qui espèrent  construire un avenir pour leurs enfants en cherchant aide et protection sur notre territoire, n’ont jusqu’à ce jour, trouvé aucune forme d’accueil. Depuis plusieurs années, elles vivent en squat, elles se nourrissent, elles s’habillent avec ce qui leur est donné par les associations caritatives, avec ce qu’elles trouvent dans les poubelles
La rentrée de la ROUMANIE dans l’EUROPE avait donné un peu d’espoir. Ces nouveaux citoyens Européens commençaient à bénéficier de mesures inhérentes au droit commun, les familles recevaient les prestations familiales, l’allocation logement, une prise en charge d’assurance maladie. Mais les lois discriminantes se durcissent toujours plus pour interdire à ces familles toute possibilité de s’installer de façon durable en France alors que pour elles, rien n’est possible en ROUMANIE
Au pire, elles font l’objet du mépris, de la peur, du rejet, au mieux elles sont considérées avec condescendance, le regard qui s’attarde un peu sur ces situations ne retient que ce qui leur manque. Elles sont sans toit, sans ressource, sans travail …
C’est peut être une partie du problème qu’il est important de dépasser. Les rroms sont aujourd’hui condamner à la mendicité, comme s’ils n’avaient aucune forme de compétences, d’expériences, de savoir  faire ….Le marché du travail leur est pratiquement inaccessible. 
Pour la plupart, les rroms sont issus du milieu rural. Quand on demande ce qu’ils savent faire, beaucoup répondent qu’ils connaissent l’agriculture, d’autres ont des formations de couturière, d’autres savent réparer toute sorte de choses, les meubles, l’électroménager, etc. … 
Notre société de consommation est une société  de gaspillage, une société qui produit beaucoup de pollution, une société qui produit de l’appauvrissement. Les perspectives de travail deviennent trop rares pour beaucoup, avec des conséquences en chaîne. Une société qui maltraite ainsi certains de ses membres est une société qui n’est favorable à personne. Chacun risque un jour d’être à son tour victime de ces formes d’exclusion. Une société responsable de la dégradation de l’environnement est une société qui nous met tous en danger.
Des projets alternatifs se construisent dans différentes directions avec pour perspective essentielle, le respect et la préservation de l’environnement, la reconstruction de ce qui peut asseoir notre humanité : l’entraide, la solidarité, la recherche de justice égale  pour tous.

Nous avons besoin de construire de nouvelles richesses, celles qui accordent le droit à l’existence pour tous, une place à chacun de façon à ce qu’il soit partie prenante dans les affaires qui le concerne. Il est nécessaire de construire des projets qui n’oublient  personne, en considérant en priorité les besoins des plus défavorisés.
Il se trouve que les rroms, au niveau de l’EUROPE, représentent l’ethnie la plus rejetée, ils semblent condamnés à survivre, sans pouvoir espérer un avenir pour leurs enfants. Le père Joseph WRESINSKI estimait que si on faisait avancer les droits des plus pauvres, la situation de tous pourrait ainsi devenir meilleure.  Alors, ensemble, si nous faisions ce pari ?! …
Les rroms, par tous leurs savoirs faire pourraient contribuer à construire une autre économie, en proposant des services accessibles aux petits budgets, par des ateliers de réparation, en proposant une agriculture respectueuse de l’environnement, proche des consommateurs  locaux 
Le projet du réseau de solidarité avec les familles rroms s’inscrit dans ces différentes perspectives, il veut mener à bien les objectifs suivants, construire une société :
Qui refuse des réalités inacceptables marquées par l’injustice
Qui reconnaît le droit de tous d’accéder à l’exercice de la citoyenneté et d’assumer ses responsabilités
Qui part du postulat de la reconnaissance de la valeur intrinsèque et de la dignité de toute personne, et la volonté que chacun trouve son espace de réalisation pour enrichir le collectif
De façon plus concrète pour ce qui concerne la réalité particulière des rroms :
Mettre en évidence les compétences, les expériences, les savoirs faire
Lutter contre le gaspillage en créant des ateliers de rénovation d’objets usagers : meubles, électroménagers (accord avec les déchetteries pour faire de la  récupération), réparation de voitures, de vélos, retouche de vêtements  (en lien avec les centres sociaux, les amicales laïques) 
Mettre en évidence les talents artistiques, broderie de vêtements récupérés, rencontres festives à partir de la musique, la danse, le chant
Faire découvrir leurs valeurs, leur culture (expositions des photos de Marie Pierre VINCENT dans les médiathèques, les centres sociaux, projections de films avec témoignages de rroms, débats 
Contribuer de façon active et concrète à la préservation de l’environnement, par la mise en culture de terrain pour la vente de produits maraichers sur le marché local. Les rroms, pour la plupart,  connaissent la terre de façon traditionnelle, familiale. L’une d’entre eux a une formation d’ingénieur agronome, elle a enseigné en ROUMANIE.

                                      Dany dans son champ de maïs - Roumanie - ©mpv 2004


L’agro industrie représente des nuisances profondes tant sur le plan des sols empoisonnés parfois de façon irréversible que sur le plan sanitaire, on propose au consommateur  une alimentation dévitalisée, sans parler du transport des marchandises organisé en dépit du bon sens.   Il existe différentes initiatives qui privilégient une agriculture locale, respectueuse de l’environnement et de la santé des personnes, avec des circuits courts, un lien direct avec les consommateurs pour favoriser la connaissance des réalités du « monde » paysan, pour construire un lien de confiance et de reconnaissance. Nous souhaitons nous inscrire dans ces démarches concrètes type AMAP. 
Nous cherchons un lieu, des bâtiments, une terre …  qui restent proches d’une ville pour limiter au maximum les distances et favoriser ainsi le plus possible les échanges, l’entraide, le partage des savoirs, la participation du plus grand nombre de compétences et de bonnes volontés. Nous envisageons de solliciter l’Evêque qui a su prendre une position claire pour condamner les discriminations dont sont victimes les rroms, et encourager les solidarités pour accueillir ces familles de façon humaine et digne. Il existe peut être des lieux et des sols qui sont peu investis du fait d’une population religieuse vieillissante….  
Nous avons à ce jour des bras solides et volontaires, des expériences concrètes et de nombreuses compétences. Par contre, nous n’avons pas de lieu, pas de matériel. Nous faisons donc appel à tous ceux qui peuvent d’une manière ou d’une autre nous aider à démarrer. Tout sera bienvenue, les suggestions, les bonnes adresses, le matériel, la présence…
Une première suggestion nous est déjà parvenue. Procéder à une  évaluation de compétences dans le domaine agricole et s’assurer qu’il puisse y avoir une assistance dans le domaine de la gestion et de l’administratif de cette activité agricole. Il pourrait se constituer un comité de gestion avec des personnes compétentes dans ces différents domaines. Quelques pistes de structures qui pourraient faire ce bilan : « les jardins de cocagne », « Terre ferme »….
Nous souhaitons faire des demandes d’aide financière, notamment  dans le cadre de la CRESS (Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire). Plusieurs personnes possédant les compétences et l’expérience sont prêtes à nous aider à constituer le dossier, d’autres sont peut être également compétentes.
Il est entendu qu’à plusieurs, nous sommes plus intelligents, merci de votre soutien, dans la mesure de vos possibilités


                                                    Josiane REYMOND               

13 avril 2008

Les Rroms abusés par l’Anaem pour les statistiques de Monsieur Hortefeux - Communiqué Romeurope

Les citoyens français doivent savoir comment le ministre de l’immigration achète, grâce à l’Anaem, plusieurs milliers de « retours au pays » qui vont lui permettre d’atteindre ses quotas. Depuis quelques mois, l’Anaem recrute dans les bidonvilles où des familles roms roumaines et bulgares sont contraintes de trouver un abri. Le discours est simple : « retournez dans votre pays, nous paierons votre voyage de retour, nous vous donnerons de l’argent et nous vous aiderons à votre arrivée. »


les "rapratiements " de 2007  par l' ANAEM, au petit matin - Saint-Etienne -  photos: marie-pierre vincent


Déclarer, comme le fait l’Anaem, que les familles sont volontaires pour rentrer en Roumanie en donnant pour preuve l’existence d’une liste d’attentes pour les retours est une manière de dissimuler la vérité. Si les coups de filets précipités comme à Bondy en octobre 2007 semblent avoir cessé, les opérations de retour soit-disant volontaire sont toujours coordonnées avec des opérations policières d’expulsion.

En réalité, le Ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité Nationale a mis en place un système pervers.

Des familles rroms installées, pour certaines, en France depuis quelques années, qui y ont établi des liens (scolarisation des enfants, emplois, suivi médical....), rompent ces liens pour retourner en Roumanie et bénéficier de cette somme.

Qui plus est, si le système géré par l’Anaem avait pour objectif de diminuer le nombre de personnes présentes en France, il est un échec. Ainsi des familles très pauvres en Roumanie ont eu connaissance de cette opportunité et arrivent en France pour bénéficier de la prime de l’ANAEM, qui représente pour elles un pactole. Certaines personnes n’hésitent pas à quitter leur emploi et interrompre la scolarisation des enfants. Qu’on ne se méprenne pas : les Roms n’abusent pas du système, c’est bien le système qui abuse les Roms, en les utilisant pour augmenter les chiffres des expulsions, au mépris de l’errance ainsi générée et de ses conséquences sur la vie de ces familles.

En effet, au regard de la situation socio-économique en Roumanie, l’argent promis est très attractif : 300 € par adulte et 100 € par enfant. Une famille peut ainsi toucher jusqu’à 1000 euros. En mars 2008, le salaire moyen en Roumanie est de 194 € par mois et un salaire minimum devrait être fixé à 137 € par mois. Le taux de chômage des Roms dépasse encore les 70 % dans certaines régions. La tentation est alors grande pour des familles qui ne disposent que de faibles revenus.

Ces aides au retour sont d’autant plus absurdes qu’en tant que ressortissants européens, les Rroms peuvent revenir quand ils le souhaitent. Ce système permet donc le cas échéant, à une même famille de bénéficier de plusieurs retours successifs et être comptabilisée plusieurs fois dans les quotas. C’est ainsi que le Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement fait du chiffre, uniquement du chiffre.

Le Collectif Romeurope dénonce l’hypocrisie à toutes les étapes de ce système pervers qui instrumentalise les Roms et déstabilise ceux qui, en Roumanie ou en France, ont commencé à trouver quelques points d’ancrage. Les moyens financiers doivent être orientés vers un accueil digne et durable dans notre pays pour les Roms qui le souhaitent, sans discrimination envers des ressortissants européens. A cette fin, le cadre législatif et administratif doit être modifié, notamment pour lever les entraves existantes dans l’accès au logement et à l’emploi.

Lors de la venue du Premier ministre roumain en France, Romeurope souhaite que les deux Gouvernements décident enfin des mesures concrètes pour permettre aux Roms une réelle insertion dans le pays de leur choix.


23 février 2008

Lettre au maire de Saint Etienne

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