Ricardo - juin 2008 à Montplaisir  ©marie-pierre vincent


Le juge de l’exécution vient de rendre sa décision au sujet des familles rroms qui vivent dans l’école de Montplaisir, à St Etienne.
Il autorise l’expulsion immédiatement, sans solution alternative.

Au moins 150 personnes sont concernées dont une quarantaine d’enfants tous scolarisés.

Cette décision fait suite à un commandement à quitter les lieux, délivré aux familles par l’ancien maire, en décembre 2007. Le nouveau maire n’a pas cru devoir l’annuler. Le réseau de solidarité avait saisi le juge de l’exécution. Lors de l’audience, le 19 mai dernier, le réseau avait demandé l’annulation de ce commandement ou sinon un délai d’un an, le temps de trouver une solution alternative. La mairie avait demandé sa confirmation avec un délai jusqu’au 5 juillet.

Les familles rroms peuvent donc à tout moment être jetées à la rue. La décision appartient à la municipalité.

Aussi le réseau de solidarité a remis aujourd’hui une lettre au maire de St Etienne, lui demandant notamment l’ouverture de discussions pour des solutions d’hébergement durables .

Pour appuyer cette demande, pour que les familles ne soient expulsées sans solutions d’hébergement alternatives, un rassemblement aura lieu lundi 23 juin à partir de 17H sur les marches de l’Hôtel de Ville.

Mercredi 25 juin de 16H à 21H les familles rroms organisent une fête là où elles vivent, dans les anciens bâtiments de l’école de Montplaisir, rue de Terrenoire.

La lettre du réseau de solidarité au Maire de St-Etienne

RESEAU DE SOLIDARITE - RROMS
Contact : Marie-Pierre VINCENT
24 - rue des Martyrs de Vingré
42000 SAINT ETIENNE
Tél : 06 87 50 84 42
Ou bien : 04 77 25 11 29

Saint Etienne le 17/06/2008

A l’attention de Monsieur le Maire de Saint Etienne

Monsieur le Maire,

Saisi par le réseau de solidarité avec les rroms, le juge de l’exécution vient de faire connaître sa décision concernant la mise en œuvre du « commandement à quitter les lieux » pris en décembre 2007 par l’ancien maire, contre les familles vivant dans les bâtiments de l’école de Montplaisir. Le juge autorise leur expulsion sans délai et sans aucune solution alternative. En clair ces familles peuvent être jetées à la rue à tout moment.
Suite à l’élection de la nouvelle municipalité, vous n’aviez pas cru devoir annuler ce commandement de quitter les lieux. Le réseau de solidarité avait demandé au juge son annulation ou un délai d’un an le temps de trouver, en concertation avec la municipalité, des solutions d’hébergements viables. Nombre de ces familles ont d’ailleurs été installées dans ces bâtiments de Montplaisir par l’ancienne municipalité, suite à leur expulsion de l’immeuble d’EDF, rue Béraud.

Aujourd’hui, nous souhaitons connaître votre position : allez vous mettre à la rue ces familles en sollicitant le concours des forces de police auprès de Monsieur le Préfet ?
150 personnes sont concernées, dont une quarantaine d’enfants tous scolarisés et qui participent à des activités périscolaires montées en collaboration entre le centre social Espace Loisirs et le réseau de solidarité.

Lors de l’entrevue que nous avait accordé Monsieur le 1er adjoint, le 7 mai dernier, nous avions fait part de nos propositions. Nous pensons qu’il est temps de trouver une solution d’accueil durable et décente pour ces familles. Nous proposons l’aménagement d’hébergements relais avec un accompagnement social. Ces hébergements peuvent être créés dans les locaux vacants sur la ville de St Etienne et sur l’agglomération. Ils permettraient d’accueillir décemment les familles rroms qui viennent ici chercher les moyens de vivre et d’assurer un avenir à leurs enfants, de les aider à construire et à mettre en route des projets de vie. Les règles d’occupation peuvent être définies en concertation avec la municipalité et avec toute autre institution qui serait partie prenante. La gestion quotidienne peut s’appuyer sur le réseau de solidarité.
Nous vous avions proposé d’ouvrir des discussions en ce sens. Discussions qui pourraient associer d’autres partenaires (Saint Etienne Métropole, le Conseil Général, la DDAS, la CAF voire la préfecture).
Nous vous demandons à nouveau d’engager ce processus de travail.
Durant la campagne électorale nous vous avions rencontré et vous vous étiez prononcé pour un tel dialogue débouchant sur des solutions plus durables que l’occupation de squats.
D’ailleurs une quinzaine de municipalités françaises ont déjà imaginé et mis en œuvre des solutions d’hébergement avec un accompagnement social.

Lors de notre rencontre du 7 mai le 1er adjoint nous a informé que votre préférence allait vers les retours « volontaire/humanitaire » organisés par l’ANAEM. Nous savons que ce dispositif n’a rien de volontaire et d’humanitaire.
Les familles s’y plient devant les pressions policières et la distribution massive d’Obligations à Quitter le Territoire Français. Aucun projet n’est construit, et ces familles reviennent au bout de quelque temps. Ces sommes ainsi mises en circulation ne servent à rien et alimentent des réseaux plus ou moins mafieux. En fait « ces retours ANAEM » n’ont qu’un seul but, contribuer à atteindre les quotas d’expulsions d’étrangers décidés par le gouvernement.

Nous souhaitons, Monsieur le Maire, une réponse à ce courrier et renouvelons notre disponibilité pour l’ouverture d’un dialogue en vue de commencer à apporter de vraies solutions humaines pour l’accueil de ces familles.

Pour le réseau de solidarité :

Georges Günther, Adeline Combat, Anne Sara Le Cardiet

PS : Nous vous informons que nous rendons public ce courrier.

 Le réseau de solidarité avec les rroms comprend : ALPHA ; ATD Quart Monde ; ATTAC Loire ; l’association Solidarité Rroms ; le CCFD ; le DAL ; le Secours Catholique ; Tous les chemins mènent aux Roms ; la Ligue des Droits de L’Homme ; la FCPE ; les Réseaux citoyens de St Etienne, des personnes et des familles...