les départs ANAEM - une drôle d' histoire.
Par Solidarité-Rroms le 3 juin 2008, - ANAEM - Lien permanent

Contrôles passeports et listes avant le départ !
Nouveaux départs organisés par l' ANAEM ( Agence Nationale d' Accueil des Etrangers et des Migrations ! )
Deux cars ce matin à St-Etienne .
Direction St-Exupéry, l' aéroport de Lyon,
Puis Bucarest.
Tout le monde est content de prendre l' avion et de revenir ensuite en France
avec les 300 euros versés à chaque personne, par l' Etat français .
Il y a même des familles roumaines qui sont venues spécialement de Clermont,
et puis d' Espagne,
pour prendre le fameux car, puis l' avion, et recevoir les 300 euros.
Il y a quand même quelque chose qui me chagrine beaucoup, dans cette histoire.
A chaque réunion avec les élus, ou les préfets , nous entendons parler des fameux "passeurs".
Mais le plus grand passeur , c' est l' Etat français !
Avec les 300 euros versés, la personne revient . En France .
Il lui reste même un petit bénéfice.
Pourquoi se priver de l' aide au retour ?
Lorsqu' avec l' argent on peut revenir.
( Pour rentrer , Eurolines doit coûter dans les 150 euros, en ce moment )
On se demande quand même comment un tel système a pu être mis en place !
C'est un gâchis total de moyens humains et financiers !
Mais tout le monde s' adapte . Sans réfléchir plus en avant !
Faisons du chiffre sur le nombre des retours , c' est cela qui est important !
Se soucier d'une acceptable solution de vie pour les familles rroms en Europe parait du domaine du rêve.
marie-pierre vincent.
©photos mpv


MAIS COMMENT FONT-ILS ?
Un témoignage d' Anne-Sara Le Cardiet
Saint Etienne, Mardi 3 juin 2008, 5h15.
Marie Pierre et moi arrivons au squat de Montplaisir, curieuses de savoir qui part avec l’ANAEM (pourquoi ils partent ? on s’en doute un peu).
Doucement, un groupe de personnes se forme à l’entrée du squat. Certains, habillés spécialement pour l’occasion, traînent d’énormes sacs sur le trottoir, tandis que d’autres, venus en France pour quelques jours seulement, n’ont aucun bagage. Tous se préparent tranquillement, l’ambiance est plutôt détendue.
Aujourd’hui, environs 40 personnes partent avec l’ANAEM. Le bus devrait être arrivé depuis 5h… mais ce n’est que vers 6h que Madame ANAEM (« je fais mon travail, je suis payée mais surtout je ne réfléchis pas à ce que je fais ») arrive pour organiser tout cela. (Peut-être recevra t-elle une prime de rentabilité ? après tout, ce serait normal, c’est bien grâce à elle, entre autres, que certains pourront se vanter d’être parvenu à ses quotas…Et puis, ce n’est quand même pas simple, quand on ne parle ni le roumain ni le tsigane, de convaincre autant de personnes (certaines ne comprenant pas un mot de français) de partir avec l’ANAEM,).
Pour ce départ, certains sont venus de Clermont, d’Espagne, et même de Roumanie… pour repartir en Roumanie…et toucher 300 euros. Bon, un peu moins, car il était convenu qu’un transport soit organisé jusqu’à Timisoara (grande ville de la région dont majorité des partants sont originaires). Finallement, tous apprennent ce matin là que leur transport s’arrêtera à Bucarest…Chacun devra donc utiliser une partie de la somme qui lui sera remise pour payer le bus jusqu’à son village, mais bon, comme dit Madame ANAEM « après tout, on leur donne de l’argent ! ».
Le plus étonnant ce matin, ce n’est pas que madame ANAEM n’ait pas changé, mais bien cette scène assez terrible qui se déroule devant nos yeux : la majorité des personnes qui partent ont le sourire. La plupart d’entre elles, je ne les connais pas. Nombreux sont venus spécialement pour repartir, et bien sûr se ravient de pouvoir rentrer en Roumanie aux frais de la France, et en plus de recevoir à leur arrivée plus, que ce qu’ils n’auraient gagné en travaillant 1 mois en Roumanie.
Lors du premier départ organisé par l’ANAEM en septembre, tous partaient découragés, certains même en pleurs, contraints d’accepter cette proposition malhonnête que leur faisait la France, après les avoir inondés d’OQTF et de pressions policières.
Hier, ce que j’ai vu, finalement, ce sont des gens incroyables, qui n’ont tellement rien d’autre à quoi se raccrocher que leur famille, qu’ils acceptent tout ce qu’on leur propose, et s’adaptent avec le sourire à cette solution qui n’en est pas une. Comment font-ils ?
Si ça, ce n’est pas une richesse !
Il était plus de 7h lorsqu’ils sont montés dans le bus, pour un nouveau départ ??? Direction Lyon St- Exupéry, puis vol vers Bucarest.
Au sujet de l’ANAEM, je ne sais pas comment est financée l’ANAEM, mais …
Il est quand même assez contradictoire de voir tout cet argent mal utilisé, et en même temps, des étrangers qui sont en difficultés pour travailler en France avec un contrat en règle, souvent parce que les employeurs refusent de régler la taxe due à l’ANAEM (qui vaut presque les ¾ du salaire net perçu par le salarié).
Un exemple de l’absurdité de ce système : dans le bus de l’ANAEM, un jeune déjà expulsé plusieurs fois via des passages en centre de rétention, qui, en France, travaille assez régulièrement au noir ou vend le journal « sans abris ». Tout l’argent dépensé par la France pour être sûre qu’il dégage (frais en centre de rétention administrative, frais de transport et de personnel multipliés par autant de voyage qu’il a fait…) n’aurait-il pas pu être utilisé pour un accompagnement pour une recherche d’emploi, par exemple ?
Il faut savoir que cette situation n’est pas un cas isolé.


COMMENTAIRE 1
Bien qu'étant peu impliqué dans l'action avec les Rroms, je me permets de donner un petit avis sur la question "comment font-ils?" Comme beaucoup, ils se débrouillent avec leurs formes de solidarité familiales et communautaires qui ne doivent évidemment pas grand chose à l'état providence.
J'ai entendu l'autre
jour un médecin faire remarquer que ce qui le frappait chez les Rroms ,c'est que
dans les moments les plus importants d'une existence, la naissance et le décès,
personne n'est jamais seul. La famille élargie est toujours là. Il disait
presque qu'on ferait bien de regarder ça de plus près, vu ce qu'il constatait
dans l'évolution de notre société quand on les aide.
Quand à la dame qui ne se pose pas de question sur son travail, il est évident
qu'elle à tort ... bien qu'elle ne soit pas la seule dans ce cas.
Raymond Vasselon
5 juin 2008
COMMENTAIRE 2
Ce que j'ai lu me révolte et me rassure en même temps. Je m'explique en
quelques mots.
Le gouvernement français, incapable d'appliquer une
politique saine et constructive à destination de citoyens européens,
s'entête à dépenser de manière absurde de l'argent. Cet argent pourrait pourtant servir à monter des projets de vie pour ces personnes. D'un
autre côté, voilà qu'elle permet à des familles de retourner au pays et
visiter les proches. Qui n'en profiterait pas?
Agnès Duvernois
5 juin 2008

Commentaires
je sui pa raciste mai bon il son toujour entr1 de mendié faut prendre exemple sur les arabes eux ces des bosseur il son travaillé dur donc il faut donne des aparte au arabe et non pa roms fallait pas ouvrir les portes de l europe vous allé le regreté dans 5 10 ans vous veré les francais bande de con