Une nouvelle expulsion en vue: les familles de l' immeuble du 47, rue Roger Salengro ...
Voici donc une lettre ouverte, diffusée sous forme de tract sur St-Etienne.


                                                        Enfants du squat de la rue Salengro
    © notre jeune photographe Vejai qui habite lui même, avec sa famille, dans ce squat.


Pour le respect des droits humains, des droits des enfants,
les familles rroms roumaines ont besoin de votre solidarité.


Au 47 de la rue Roger Salengro vivent 7 familles rroms roumaines, soit 16 adultes et 18 enfants dont 2 bébés de 1 mois ½.
Ces familles se sont réfugiées là, dans la soirée du 23 avril 2008, sous la pression des menaces répétitives de la police. Elles habitaient un immeuble insalubre de la rue Allemane près de Centre-Deux.
Le préfet avait décidé de les faire expulser, sans aucune autre solution d’hébergement. C'est-à-dire qu’elles auraient été à la rue si elles n’avaient pas pu se réfugier dans ce nouvel immeuble, lui aussi sans eau , ni WC.
Quand une famille emménage, elle reconstitue son foyer;
c’est pareil pour les rroms, et dans leur cas, le foyer est précaire, fait de bric et de broc, et quand la menace de l’expulsion tombe, la situation devient dramatique.
Tous les enfants étaient scolarisés à l’école primaire Jules Ferry de Centre-Deux et au collège du Mont. Ils continuent à aller dans ces écoles malgré leurs difficultés et maintenant l’éloignement.
La petite Sara née le 15 avril 2008, à terme, aura eu le temps de connaître deux squats. Quant à Francesca, née prématurément, elle n’en aura connu qu’un à ce jour.
Ces familles demandent juste de cohabiter avec les autres habitants du quartier, d’avoir un toit.
Des familles rroms viennent en France, chassées par la misère et les discriminations en Roumanie. Ils essayent de trouver les moyens de vivre avec leurs enfants. La Roumanie est entrée dans l’Union Européenne en 2007, mais rien n’a changé pour eux.
Les familles de la rue Salengro viennent de recevoir un nouvel avis d’expulsion prononcé par le Tribunal à la demande de la SEDL, propriétaire de l’immeuble. Combien de temps va durer pour eux cette chasse de squats en squats, destructrice pour les familles et les enfants ?

Squatter des immeubles sans eau, sans électricité, sans sanitaire, ce n’est ni une solution durable, ni une solution digne. Mais que faire alors que la Mairie, le Conseil Général, Saint Etienne-Métropole, la Préfecture, leur refuse toute autre solution d’hébergement, que Monsieur le  Préfet n’hésite pas à déployer un gros dispositif policier pour les jeter à la rue ?

Au nom du respect de la dignité humaine, des droits de l’homme, nous ne pouvons pas accepter que des personnes, des enfants, soient traités de la sorte, qu’on les laisse ainsi en danger.

Ces familles et le réseau de solidarité demandent qu’une solution durable et décente d’hébergement soit trouvée. Nous pensons qu’il est tout à fait possible d’aménager, dans les nombreux locaux vides sur Saint Etienne et son agglomération, un lieu avec un accompagnement social, pour leur permettre de se poser et les aider à construire des projets à mettre en route ici ou en Roumanie, si elles le souhaitent.

Ces familles ont besoin de votre solidarité pour obtenir le respect de leur dignité.
Pour entrer en contact avec le Réseau de Solidarité et avec les familles : 06 71 61 87 38 ou au 06 83 28 82 17
pour le réseau : ©mr